VIGNEAULT

Il y a longtemps de cela j'avais lu dans un livre qui traitait de l'histoire des religions cette définition du prophète chez les Juifs : il était toujours issu du peuple et renouvellait la tradition par un enseignement frais et audacieux qui ébranlait les colonnes du temple où pontifiaent les doctes prêtres engoncés dans leurs ''vérités" un peu trop figées, des vérités un peu mortes en quelque sorte.

Des hommes et des femmes apparaissent, peu importe qu'on les appelle prophètes, philosophes, penseurs, visionnaires ou artistes, pour répondre à un besoin que la collectivité sent mais n'arrive pas à cerner. Les peuples ont toujours eu besoin de guides ou alors d'esprits allumés qui sauraient les inspirer, les nommer, les... chanter à un moment précis de leur histoire.

Le cas de Vigneault est très particulier. L'homme de Natashquan est arrivé multiple, on trouve chez lui le conteur, le gigueur, le chanteur, le poète, l'historien, le pédagogue, et j'en passe. On dit que Gaston Miron avait été trés impressionné, comme secoué, par cette citation de Patrice de la Tour du Pin : Les peuples qui n'ont plus de  légendes sont condamnés à mourir de froid. Le fils de Willie Vigneault et Marie Landry semble s'être chargé d'une mission comme s'il y avait urgence, s'assurer que son peuple ne meure pas de froid. Car il a fourni quantité de figures légendaires qui normalement habitent la conscience collective et qui donnent quelque chose comme une mythologie. Et ce faisant il est venu donner à ce peuple soi-disant ''sans histoire'' ce que j'appelerai un supplément d'âme : la fierté de l'appartenance.

 

 


Dernière modification: 12 nov 2018